Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 17:11

http://nerdalors.fr/wp-content/uploads/2011/02/Trust-le-film-David-Schwimmer.jpg

TRUST - de David Schwimmer (USA) 

Parmi les bandes annonces qui étaient diffusées depuis début Janvier dans les salles il y avait ce "Trust" alléchant. Je l'avais repéré et je guettais sa sortie.

Faut dire qu'à la lecture du nom du cinéaste, à la fin de la bande annonce il y avait de quoi s'interroger. David Schwimmer. Sur le coup, j'ai directement pensé au comédien culte de la série "Friends" puis, je me suis dit: "Non, ça doit être un autre", un peu comme le Steve McQueen de "Shame" sortit en fin d'année et déjà responsable de l'indigeste "Hunger".

Un homonyme en sommes.

Et bien non, après des recherches sur internet, figurez-vous que c'est bien le "Ross" de Friends, passé à la réalisation depuis l'arrêt de la série. Entre les épisodes de la série qu'il avait dirigé lui-même, ceux de la spin-off "Joey" et un premier long métrage passé plus ou moins inaperçu malgré de bonnes critiques presse, le voici avec "Trust" dans un exercice surprenant.

De l'acteur comique au réalisateur à message, comment David Schwimmer a t'il réussi sa métamorphose ?

Dès les premiers plans, le cinéaste s'intéresse à la famille. C'est immédiat. Avec quelques sous-titres qui mettent en avant une discussion sur internet entre la fille de la famille et un parfait inconnu rencontré sur un "chat".

Cette relation extra-familiale prend rapidement le dessus, la fille passant son temps (celui du repas, pendant les cours, en rentrant chez elle) à "chater" avec un certain Charlie.

Le film s'intéresse aux nouveaux outils de communication. D'un côté, une famille idéale, presque parfaite dans laquelle les parents n'y comprennent pas grand chose à l'ère numérique mais se prêtent volontiers au jeu. De l'autre, les "jeunes", pour lesquels ces nouveaux outils sont indispensables à leur équilibre mais qui ne les coupent pas non plus de la famille.

Ce rapport à priori équilibré semble en parfaite harmonie, du moins en surface. Car rapidement, la fille se fait piéger par sa relation.

D'abord elle est surprise d'apprendre que son interlocuteur rencontré deux mois avant lui a menti sur son âge. De 15 ans, il passe à 20, puis 25.

Une différence d'âge qui n'arrête pas les deux complices dans leur relation virtuelle.

Jusqu'au jour de la rencontre. Un homme de 35 ans qui rencontre une jeune fille de 15 ans dans un centre commercial. Charlie, il s'appelle.

L'apparente inquiétude de la fille, au départ, permet de saisir le sens de la relation, à priori d'abord intellectuelle puis, petit à petit, glissant vers des questions d'adultes. L'imagination devenant réalité.

L'Homme emmène la fille dans un motel, il lui a offert une petite tenue sexy, trop sexy pour une fille de 15 ans. Mais son innocence ou son inconscience lui fait franchir le cap. L'Homme la viole mais elle, ne le prendra jamais comme tel.

Persuadée d'être amoureuse de l'Homme ou plutôt embobinée par ce dernier lui faisant croire que lui, l'aime.

Cette étrange relation aura des conséquences dramatique pour l'équilibre familial. D'abord parce que de la fille, on passe rapidement aux parents, leurs inquiétudes, fondamentalement et justement, ne sont pas les mêmes.

Le combat d'un père (Clive Owen, génial) emboîte le pas à tout le reste.

Jusqu'à la folie amère, gorgée de désespoir et de rage, le père fera son enquête, en plus de celle, parallèle, menée par le FBI.

David Schwimmer interroge, tout en nuance et en quelques plans, les rapports familiaux. La trop soudaine perte de l'innocence à un âge ou il ne devrait pas en être question finit de faire basculer le parfait petit équilibre.

Et surtout, de remarquer qu'au fil de l'écriture, la fille prend enfin conscience de l'acte.

C'est au moment ou elle apprend qu'elle n'était pas la seule, l'unique, comme Charlie voulait lui faire croire que la fille mesure l'acte qu'elle a subit. 

Et là, le film atteint son paroxysme. La mise en scène se fait subtile, encore davantage et pose les vraies questions. La fille est devenue adulte, malgré elle.

Le cinéaste est constamment dans la finesse, l'équilibre, le juste dosage entre une émotion vive, intense et la psychologie de famille, ses questions, ses doutes, son union.

Parce que le combat d'une fille devient le combat d'une mère et surtout d'un père.

Un film admirable, saisissant, une réussite. 

NOTE: 4/5

Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 17:06

http://myscreens.fr/wp-content/uploads/2011/12/take-shelter-affiche-fr.jpg

TAKE SHELTER - de Jeff Nichols (USA) 

une ambiance sourde, une sorte de nappe de basses et un cyclone, sur écran géant, qui s'approche d'une maison.

Le premier plan du film donne le ton.

 La première demi-heure est intéressante, magnifiquement bien construite, elle installe les personnages en quelques plans durant lesquels on comprend qu'il s'agit d'une famille modeste, la petite fille est sourde-muette, la femme vend des dentelles et des serviettes tricotées main sur un marché, le mari lui, travaille sur un chantier.

La seconde partie du film voit le mari entrer progressivement dans une douce folie. C'est très subtil, ça passe par la récurrence d'un rêve de tornade et d'accidents qui concernent sa famille à des hallucinations.

Puis le climax est atteint, Michael Shannon, très à son aise, est à l'apogée de son personnage, le petit monde édulcoré autour de lui s'effondre, il est en train de basculer.
Son obsession passe par la construction d'un abri anti-tempêtes dans son petit jardin. Il se fait virer de son job, il perd pied entraînant avec lui sa famille...

Jeff Nichols, dont c'est ici le second film est vendu comme le nouveau "génie" du cinéma indépendant US. On comprend ici pourquoi.

Son travail de mise en scène est admirable, c'est fin, subtil, profond, étudié, millimétré. Son sens du rythme n'est pas sans rappeler celui de Shyamalan lorsque ce dernier faisait encore les beaux jours de son pays.

Mais surtout, j'y vois personnellement une comparaison de taille avec le cinéma des frères Coen.

En quelques plans, j'ai immédiatement songé à "A Serious Man" tant le travail de fond et de forme semble s'y inspirer.

Pour sûr, Nichols est un cinéphile de premier choix. Son cinéma est (déjà) d'une quasi perfection.

Le scénario dévoile progressivement ses traits, tout en finesse et en raffinement.

C'est d'abord une histoire d'éclatement familial, une métaphore de la fin du monde qui ressemble davantage à la fin d'UN monde, celui que s'est construit une famille, avec ses problèmes et ses solutions.

Le film se conclue sur une fin ouverte, laissant le champ libre à l'interprétation.

Une réussite.

NOTE : 4/5


Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 16:44


http://www.cinechronicle.com/wp-content/uploads/2011/12/Millenium-de-Fincher-affiche.jpg

MILLENIUM: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - de David Fincher (USA) 

Il est toujours compliqué d'adapter un livre à succès. Certains crient au scandale s'il ne respecte pas l'histoire, d'autres se laissent volontiers prendre au jeu de la ré-interprétation.

Mais ce "Millenium" part d'un postulat encore plus lourd à porter puisqu'il est l'adaptation d'une adaptation.

Un double poids qui aurait pu lui être fatal.

 Mais, avec Fincher aux commandes il apparaissait peu probable que le film se vautre complètement.

Il est même, de mon point de vue, largement supérieur à la version suédoise. D'abord parce qu'il prend plus de temps pour développer les personnages, créant ainsi une empathie et une certaine affection pour eux, puis, parce que le film est très "Finchérien" comme s'il était une création originale - exceptée la fin (à mon avis).

Puis l'installation progressive de l'atmosphère du film démarre par le procès de Mikael Blomqvist, un journaliste suédois qui a enquêté sur un riche homme d'affaire qu'il soupçonne de détournement de fonds.

Simplement, par manque de preuve celui-ci n'est pas inquiété et Blomqvist, lui, humilié et accusé de diffamation.

Croyant à un meurtre, il permet à Mikael de rester sur place, dans le Grand nord de la suède, pour interroger les membres de cette famille plutôt étrange.

C'est son enquête précise qui a mené Henrik a faire confiance à Mikael.

C'est une bonne moitié du film, qui dure 2h40.

David Fincher se base sur un livre, il n'est donc pas tout à fait libre de ses gestes, pourtant, il s'affirme comme un vrai virtuose. Un sens précis de la narration permet de ne pas se précipiter et bien comprendre le rapport triangulaire qui existe entre une enquête et deux personnages qui au départ séparés finissent par travailler ensemble.

La mise en scène, toujours impeccable chez ce cinéaste, offre une vraie respiration au livre, parfois un peu trop académique.

En fait, jusqu'au dénouement, le film est parfaitement maîtrisé.

Puis, la fin, hélas, semble d'un coup plus précipitée. Comme si le cinéaste avait envie de se débarrasser d'une enquête qu'il aurait probablement, lui-même, écrite autrement si cette histoire était originale.

C'est vraiment dommage, mais du coup, la faute peut-elle être imputée qu'au seul cinéaste ? Je crois moi que la faiblesse du livre, empêche une fin plus intéressante. Tout simplement parce que cela aurait demandé à la changer, la réécrire. Et là, c'est un autre problème...

Un vrai bon thriller, dans la lignée des meilleures productions du genre. Un petit bémol sur une fin qui aurait méritée une autre destinée, ou au moins, le même sens de la précision plutôt que la précipitation.

 

NOTE: 3/5

Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 12:47

Après plusieurs mois d'absence, je me permets de reprendre en route ce blog laissé à l'abandon. De nouveaux sujets m'interpellent ou me questionnent, aussi, dans cette inquiétude du quotidien, dans cette incertitude du lendemain j'ose reprendre ma plume pour dénoncer, opposer ou simplement m'exprimer.

 

Merci à tous,

 

Michael 

Par Michael Kuntz - Publié dans : Actualités
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 19:11

SORTIE DVD - 

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/sorties-dvd/fiche-dvd/canine/32523716-3-fre-FR/Canine_fichefilm_imagesfilm.jpg

CANINE - de Yorgos Lanthimos (Grèce - 2009) 


En quelques plans, le cinéaste grec Yorgos Lanthimos dont c'est ici le second film instaure un climat opressant, pesant, distant. 

La réalisation est implacable mélangeant efficacement fixité et légèreté. Les rares mouvements sont calculés au millimètre fécondant la rigidité de l'espace. Tout se passe en intérieur ou presque. Une maison, une piscine et une famille de 5 personnes. Un fils, deux filles, la mère et le père. 

Une famille enfermée dans une bulle microscopique, un univers surréaliste dans lequel les choses ne sont pas ce qu'elles sont et ne s'appellent pas comme elles s'appellent. 

C'est l'histoire bouleversante, tragique, amère et follement drôle d'un cocon familial qui refuse de vivre avec son époque. L'éducation n'existe pas, ou plutôt, l'apprentissage logique de la vie, des connaissances indispensables à l'évolution dans la société sont cachées, erronées, chamboulées. Et si nos parents ne nous avaient rien appris ? Et si la société n'était pas en réalité celle que l'on croit ? 

Car ici rien ne permet à cette famille hors norme de vivre en société. Les parents n'ont jamais appris à leurs enfants (devenus adultes depuis) les règles de base de la vie en communauté, la signification des codes, la synthaxe des mots, la définition même des objets. 

Qu'est-ce qu'un téléphone ? Les enfants ne le savent pas. Ni même ne savent reconnaître un Zombie. "Un zombie est une petite fleur jaune" dira la mère à son grand fils lorsqu'il lui posera la question. 

Voilà une société en marge de la réalité, celle d'une famille qui vit loin de tout, isolée. 

Le cinéaste offre à réfléchir sur le système tout entier. La place du discernement, fondamental à tout Homme.

Le film choisit la voie de l'absurde pour imprégner ses séquences d'humour. Un humour froid, glacial et sordide. Un humour qui nous fait sourire, rire aux éclats tout en offrant à réflechir sur son vrai sens. Le rire est nerveux en réalité car l'ignorance dont il est question ici n'appartient logiquement pas à la comédie. 

C'est aussi la renaissance du surréalisme. Comme dans "Le Charme discret de la Bourgeoisie" de Luis Bunuel, les situations du quotidien sont improbables, impossibles. Chaque plan n'a pas le sens de ce qu'il montre mais de celui qu'on lui donne. C'est le père qui agit, c'est lui qui signifie ce qui se passe au détriment de la réalité. 

Une salière devient un téléphone. Le mot n'appartient donc plus à son vrai sens et cela altère le discernement des enfants. 

Le film pose les vraies questions de ce monde. L'ignorance est le poison de la libre pensée, des libres actes. Voilà un film inquiétant, totalement fou mais d'une précision à couper le souffle. 

Un très grand cinéaste vient de naître. 

 

Éditions MK2 - Prix public conseillé: 19,99 €

 

Complément d'analyse:

 

Analyse sur un point:  La chronique de Mike 

Le père, la mère et leurs trois enfants vivent dans les faubourgs d'une ville. Leur maison est bordée d'une haute clôture. Les enfants n'ont jamais franchi la clôture. Leur éducation, leurs loisirs, leurs amusements, leur ennui, leur entraînement physique se conforment au modèle imposé par les parents, en l'absence de toute empreinte du monde extérieur. Les enfants pensent que les avions qui volent au-dessus de la maison sont des jouets et les zombies, des petites fleurs jaunes. Une seule personne a le droit de s'introduire chez eux : Christina, qui travaille comme agent de sécurité dans l'usine du père. C'est pour satisfaire les pulsions sexuelles du fils que le père fait venir Christina. Dans la famille, tout le monde l'adore, l'aînée des filles surtout. Un jour, Christina lui offre un serre-tête qui scintille, s'attendant à recevoir quelque chose en retour. 

Je voudrais revenir sur la notion de discernement car elle me semble primordiale. Lorsque Christina offre le serre-tête à l'une des deux filles, elle demande en retour qu'elle lui fasse un cunnilingus. La séquence est à la fois drôle et troublante car celle-ci s'exécute sans considérer son acte. Elle ne voit aucune objection à faire cette chose là car elle n'en connaît ni la portée ni la signification. 

Ce qui apparaît comme un acte sexuel devient ici une simple formalité par ignorance, sans qu'aucune question ne soit posée. 

La gravité d'une telle représentation banalisée invite à la réflexion poussée de la notion de discernement et d'apprentissage des codes de la société. 

Lanthimos appuie considérablement son récit de sorte à initier cette réflexion. 

C'est ce danger là qui est présenté dans ce film par le truchement de la mise en scène, un danger constant provoqué par la méconnaissance des codes logiques du monde moderne. 

Les jeux absurdes auxquels s'adonnent les frères et soeurs témoignent de ce danger imminent. S'amuser à rester le plus longtemps sous l'eau jusqu'à la quasi asphyxie, garder le doigt sous l'eau chaude le plus longtemps possible ou respirer un mouchoir imbibé de chloroforme sont autant de jeux absurdes, comme celui du foulard, bien connu des cours de récréation scolaires. 

L'empreinte de la société est vitale, primordiale. La reconnaissance des codes devrait être une obligation pour tous, ne fût-ce que pour permettre le libre arbitre, la mesure du danger, l'auto-gérance. 

Lanthimos questionne, écorche à vif cette éducation dans un système parfois inadapté. Cette famille qui vit isolée n'a t-elle pas elle-même acceptée le sort offert aux enfants comme une réponse à un danger de la réalité sociétale ? Pourquoi avoir mis en place un tel enseignement aux enfants si ce n'est par désaveux d'un modèle ? 

Finalement il est question de ça et d'autre chose chez Lanthimos. un grand grand film qui pose un regard à la fois lucide et coriace, inquiétant et nécessaire. 

Par Michael Kuntz

 


Par Michael Kuntz - Publié dans : DVD
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 16:31

http://www.notre-planete.info/actualites/images/catastrophes/fumee_Eyjafjoll.jpg

 

Nous ne pouvons pas faire grand chose lorsque la nature décide de parler à notre place. C'est toute la supériorité de celle-ci sur nous, pauvres êtres humains, impuissants, amorphes.

La terre a tremblée, en Chine récemment et en Islande un peu avant provoquant l'éruption d'un volcan.

Deux conséquences dramatiques à deux niveaux d'échelle.

Premier niveau atteint en Chine à quelques encablures du Tibet. Plus de mille morts, des dégâts considérables et une nouvelle plaie béante pour l'humanité. Encore cette terre qui se vide de sa colère faisant couler le sang à flot et n'épargnant personne. Et, comme si c'était écrit dans les prophéties les plus anciennes, déverse son agonie dans un pays ou la richesse n'est pas de mise. 

C'est à chaque fois le cas, ce le fut pour Haïti ,pour le Sri Lanka et tant d'autres.

Le second niveau se situe en Islande. Après le choc de la bourse, la faillite, l'éruption d'un volcan, le Eyjafjöll, finit d'achever ce pays resté longtemps prospère, niché à une centaine de kilomètres sous le Groenland. 

C'est un peu comme si la roue n'avait pas encore finie de tourner, préférant poursuivre son triste sort.

Évidemment dans le premier cas, les cadavres se ramassent à la pelle tandis que de l'autre, le pire est évité. Si l'on considère que la paralysie des nombreux aéroports du nord de l'Europe ne sont pas eux aussi, à leur échelle, une tragédie.

Les deux cas préfigurent de la difficulté que l'on a à prévoir les événements, la difficulté de l'état d'urgence et révèle surtout l'asphyxie qui condamne les moyens technologiques. 

Le 21ème siècle et son incroyable évolution revenu au temps des cathédrales avec cette immobilité imprévue. 

Voilà le revers de la médaille, lorsque les liens rompent d'avec les habitudes transformant des comportements, dévisageants les sourires les plus optimistes.

La dure loi de la nature et son imprévisible sort suspendu au-dessus de toutes le têtes de notre belle planète.

Au fond, malgré tout, nous sommes tous égaux et voués à la pire des punitions: la nature.

 

par Michael Kuntz


Par Michael Kuntz - Publié dans : Actualités
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 10:37

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/4/1/9782290022146.jpg

Il est des livres dont le contenu apparaît comme autant de guérisons à des maux profonds inscrits sur des lignes couchées sur une feuille de papier blanc. 

Chez Kersauson, les maux sont figés dans l'océan et les mots accouchés sur une succession de pages admirables, belles comme la mer, formant une vague envoûtante appelée "Ocean's songs", disponible à la vente depuis un mois chez Arthaud Poche dans son format pocket et au cherche midi dans son format document. 

Kersauson, en vieux loup de mer, raconte son parcours en toute modestie, se venge de ses douleurs maritimes infligées par l'océan indien, entre autre, dont il ne vante ni la beauté ni la douceur, mais à contrario s'exprime sur le sort pitoyable qu'il lui a trop souvent infligé par le passé, lors des étapes autour du monde en monocoque. 

"L'indien" comme le marin se plaît à le surnommer lui en fait baver, pour autant, il ne le déteste pas.

Kersauson développe son sujet avec un vocabulaire soigné qui lui appartient, lui qui connaît tant son métier, lui qui à tant à raconter.

Tout le livre repose sur des récits, des anecdotes, des souvenirs enfouis qui refont surface avec une sagesse noble, épurée, domptant les mots avec une poésie âpre, salée, élégante.

À partir de petites histoires chapitrées comme des nouvelles, le livre se lit d'une traite, sans réfléchir, avec un fond de musique pour se détendre. 

L'idéal serait de le lire sur un bateau tant les phrases s'apparentent au flot des vagues.

On en entendrait presque le bruit des mouettes et de l'eau qui frappe sur les rochers des côtes de l'Atlantique.

Un livre remarquable, envoûtant, écrit avec passion et sobriété.

 

Ma note: 5/5

 

Par Michael Kuntz - Publié dans : Littérature
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 17:52

La Porte - par Michael Kuntz

 

 Je suis devant une porte fermée. Une grande porte blanche dont la seule ouverture se trouve au niveau de la serrure. Aucune clé n’obstrue le petit trou, je peux m’y approcher et y glisser mon œil pour observer l’autre côté. Je ne distingue pas grand chose, à peine quelques mouvements, un halo de lumière et la perspective d’un monde gigantesque derrière.

 

J’essaye d’ouvrir la porte, passer de l’autre côté mais celle-ci reste bloquée. Je force un peu, peut-être est-elle juste un peu délicate à ouvrir, mais non, impossible.

 

Après plusieurs tentatives infructueuses, je préfère m’agenouiller devant la serrure, j’essaye de comprendre la vie qui se dessine derrière l’œilleton à partir des bribes d’images que je devine, je me plonge dans un rêve en étant semi-conscient. (...)

 

(...) Je marche de longues heures et je retrouve le lieu. Un checkpoint pour rester en vie. Je m’agenouille, me lave le visage et avale une gorgée d’eau.

 

Je respire un grand coup et je pose mon regard sur l’horizon gigantesque qui se dresse devant moi. Il fait chaud, je n’entends que le silence, bourdonnant à mes oreilles, atteignant par effet d’ultrasons mes tympans. Le silence fait mal, je n’ai jamais ressenti ça avant. Je me demande ou je suis.

 

Après m’être abreuvé, sentant mon énergie revenir au sommet, j’arpente l’immense colline qui jouxte l’oasis. Je ne sais pas ce qui se trouve derrière, j’espère ne pas être déçu.

 

Il me faut une bonne demi-heure pour grimper, je suis pieds nus et pas vraiment grand sportif, j’ai le ventre lourd car ma gorgée d’eau potable avalée un peu plus tôt a finalement été plus importante que prévue.


Je suis en sueur, éprouvé par la chaleur et l’effort, mais je suis au sommet. J’essuie mon visage balayé par le sable de la colline, soulevé par le vent (...)

 

Je prends le temps de souffler, l’air frais se fait rare et il fait de plus en plus chaud. Le silence reste mon seul compagnon, je n’ai pas d’autre solution que de lui parler.


 Il ne me répond pas franchement, il me laisse me débrouiller, debout devant cette maudite porte.

Je fais marche arrière, une nouvelle fois.


 Je poursuis ma quête en essayant de comprendre ou je suis, je marche de longues heures durant et retombe sur l’oasis. Je n’ai pas grimpé de colline, ce n’est sans doute pas la même.

 Mais, avant de me pencher pour me laver le visage, je devine mon reflet dans l’eau. Il est resté imprégné de mon passage précédent. (...) 

***

 

*** Extraits de mon recueil de nouvelles regard(s) - récits et nouvelles, à paraître prochainement aux éditions Lulu. 


Par Michael Kuntz - Publié dans : Littérature
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Samedi 10 avril 2010 6 10 /04 /Avr /2010 14:20

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES
Film américain de Tim Burton
Fantastique - couleur/3D
Durée: 1h49
Année: 2010 

http://www.docslumpy.info/ddd/wp-content/uploads/2009/12/affiche-alice-au-pays-des-merveilles.jpg


Alice est une petite tête à claque, c'est bien connu. Faire le même rêve pendant 13 ans et emmerder le monde, voilà de quoi vouloir lui flanquer une petite pichnette sur le front ou lui marteler les fesses à coup de fouet. 

Chez Tim Burton, c'est encore pire que ça, elle est agaçante, frustrante, occupant l'écran avec sa naïveté de petite fille bourge qui déteste la noblesse mais qui rêve d'un monde rempli de couleurs et de fantasmes inaccessibles. 

Chez Tim Burton, Alice ressemble à une malade atteinte du cancer en phase terminale, visage blanc couleur poudre de lessive ajax, elle fait des pieds et des mains pour se plonger dans son rêve, sans doute pour oublier sa vie ratée. 

Les premières minutes sont remplies d'un humour usé jusqu'à la moelle, un univers so british déjà dépassé par 1 500 000 autres films. Noblesse contre valeurs traditionelles, vu, revu, corrigé et re-corrigé. Aucun intérêt donc, à part celui de démontrer ipso facto que le film vante les mérites d'un monde imaginaire contraire en tout point à la réalité. 

J'ai vu mieux en matière de métaphore. 

Ceci étant, passons sur ce point qui aurait pu n'être qu'un petit bémol habituel au cinéma ne véhiculant qu'une image tronquée de l'amérique puritaine. Pas de quoi fouetter un chat, si le reste est à la hauteur. 

Hélas, le bas blesse une nouvelle fois. Le scénario est écrit sur trois lignes, reprenant, pastichant même, l'univers de Lewis Caroll avec ignominie. Quid de l'imaginaire ? Il ne reste qu'un bric-à-brac d'effets spéciaux décortiqués jusqu'à l'os, épuisés, poussés jusqu'à la surenchère. 

Preuve en est avec une scène finale atroce, Alice chevauchant son armure et son épée magique affrontant un dragon qui crache du feu rose. La 3D renvoyant alors à Soul Calibur, jeu vidéo de combat à l'arme sortit jadis sur Dreamcast. 

Une scène ignoble durant laquelle les improbabilités, les incohérences, s'enchaînent avec une certaine efficacité. 

Comment la tête d'un dragon peut rebondir sur des escaliers en colimasson sans décoller de ceux-ci ? La tête suit le parcours idéal, arriver aux pieds de la gentille soeur reprenant son trône devant une reine abasourdie. 

D'un kitch osé, étonnemment accepté et bêtement montré. 

Qui plus est, l'ensemble du film joue sur le désavoeu d'un Tim Burton fatigué, manquant cruellement d'audace et d'idée, et même ici, de talent. 

La mécanique Burtonienne est rouillée, vidée de tout son intéret à force de vouloir reproduire à l'identique, le même schéma depuis trop longtemps; 

Alice a connu autant d'autres versions bien meilleures, à commencer par celle de Disney. Malgré une volonté de coller à l'univers de Caroll, le cinéaste oublie de s'en détacher et d'aposer un vrai regard. 

Même Johnnie Depp ne semble pas à son aise, obliger d'en faire des tonnes pour impressionner le spectateur. Ridicule tout du long, il n'esquisse même pas le sourire. 

Tout semble artificiel, manipulateur. Il ne reste qu'une succession de belles images avec un grand creux au milieu. 

 

Ma note: 0/5

Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 07:36
THE GOOD HEART 
Film islando-américain de Dagur Kari
Drame - Couleur
Durée: 1h35
Année: 2010


http://www.ioncinema.com/old/images/user/news_4421_user_21205. 

Dagur Kari est d'ores et déjà rentré dans l'histoire. Plusieurs raisons à cela, d'abord parce qu'il est islandais, et qu'il a donc la chance (ou la malchance c'est selon) d'appartenir à une terre insulaire qui n'est pas réputée pour sa forte production cinématographique. 
Alors, réussir à faire du cinéma est déjà un premier exploit. Le second se situe au niveau de la qualité de son cinéma. 

Que ce soit "Noi Albinoi" ou plus récemment "Dark Horse" il va s'en dire que Dagur Kari possède un vrai univers, à mi-chemin entre les rêves et la réalité. 

Un bric-à-brac plaisant, une inventivité exacerbée, un onirisme certain pour un résultat détonnant de complexité et de légèreté. 

Kari est aussi entré dans l'histoire pour avoir su franchir les portes d'Hollywood. Peu d'islandais ont réussi ce troisième exploit. 

"The Good Heart" est la manifestation de cette réussite, du moins dans son entreprise, car d'un point de vue cinématographique, le film frôle le raté. 

Je dis frôle car il ne faut pas exagérer, Dagur Kari réussit plusieurs moments dans le film. Quelques belles séquences, notamment lorsqu'elles sont ponctuées d'humour absurde, fief de l'art Karien depuis ses débuts. 

J'ai adoré par exemple les scènes avec le canard. Surréalistes au possible, totalement hors propos, et c'est ça qui marche. 

Le sujet est grave, trop grave peut-être pour un cinéaste optimiste. Kari, à part à de rares exceptions, perd son humour et donc - sa distance - sur le thème. 

Ce dernier, d'ailleurs, n'est pas sans rappeler un certain "7 Vies" de Gabriele Muccino. Surtout l'idée finale, qui apporte sans vraie surprise, un soupçon d'humanité et d'espoir. Mais la démarche est assez laborieuse, surtout au niveau de l'écriture. 

C'est là le principal problème du film, à mon avis. La mise en scène étant nettement supérieure à la narration, le cinéaste patauge dans l'envie de sortir toutes ses tripes, hélas flanqué d'une tare scénaristique qu'il n'arrive presque jamais à traiter avec brio. 

Reste un film qui se laisse voir, une seule fois sans doute. Car la seconde vision laisserait encore davantage de frustration, révèlerait plus en amorce encore la succession de (petits) défauts qui gâchent une oeuvre qui aurait méritée un traitement plus complet et plus abouti. 

Kari déçoit plus qu'il n'enchante pour son passage outre-atlantique. Gageons qu'il s'agisse d'une unique vaine tentative de convaincre et souhaitons lui prompt rétablissement, ici ou ailleurs, pour qu'il recouvre sa superbe. 

Ma note: 1/5 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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