Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 20:16

LA RÉTROSPECTIVE ROMAN POLANSKI - Événement sur Regard(s) 

Film britannique de Roman Polanski
Thriller - Noir et Blanc
Durée: 1h45
Année: 1966

http://medias.fluctuat.net/films-posters/1/3/13817/cul-de-sac/affiche-1.jpg

Une route désertique empruntée par deux gangsters nigauds, c'est sous cette forme que s'ouvre le troisième long-métrage de Roman Polanski dans lequel s'affirme, s'aiguise, le génie du cinéaste. 

D'entrée de jeu, le ton se veut volontairement burlesque, confirmé au bout du premier quart d'heure, malgré une écriture qui privilégie la quête du suspense et du huis-clos. 

Le réalisateur du "Couteau dans l'Eau" revient sur le thème de l'incrustation. Ici, deux gangsters de bas-étage qui s'invitent dans la demeure d'un couple. 

Polanski surfe sur la vague de ses premiers amours en choisissant une mécanique psychologique, teinté d'un soupçon de paranoïa, faisant écho au film précédent "Répulsion". 

"Cul-de-sac" c'est évidemment pour signifier une voie sans issue, un étouffement progressif de la cellule familiale, manipulée comme des pions sur un échiquier. 

L'incrustation du duo gangster se fait sans laisser le choix, sans résistance possible, comme une réalité qui s'impose et à laquelle on n'échappe pas. 

Le propos est dramatique, la mise en scène d'une grande légèreté. Pas une scène ne vient contre-balancer la logique narrative. Celle-ci offrant deux lectures possibles: 

La première: Tragique. Comment un couple peut se laisser surprendre de la sorte et ne pas réagir ? 
La seconde: Burlesque. Comment un couple fait-il pour laisser deux idiots s'accaparer leur maison ? 

La dramaturgie polanskienne fait alors un effet double. Il y a deux forces contradictoires qui semblent s'assembler et fonctionner à merveille. Ce sont celles de la comédie, du burlesque, et la triste réalité, l'impuissance. 

Le cinéaste balaye d'un coup de vent les effets de style, il reste neutre, logique, cohérent. Il ne cherche pas le discours mais souligne l'absurdité. 

Il y a aussi la différence des classes sociales exposées ici en filigrane. Les hautes sphères et les bas-fonds, Ceux qui laissent traîner de la bouffe dans les plats et ceux qui lèchent les restes. 

Tout le talent de Polanski est d'offrir ça avec humour et réflexion. 

Il n'a pas son pareil pour faire d'une situation alarmante, un moment de cocasserie et de burlesque. 

La voiture qui se fait submerger lentement par la marée haute avec un gangster coincé à l'intérieur au regard médusé. L'arroseur arrosé, en somme. 

Des séquences comme ça, il y'en a d'autres. Le truand qui répète mille fois le nom d'un interlocuteur au téléphone, une échelle qui craque, un homme qui se déguise en femme etc... 

Le rythme semble millimétré, laissant sa place à chaque élément de l'histoire. Les motifs comiques et tragiques se succèdent, s'imbriquent, s'opposent. 

Tout ça avec une rare élégance du propos et de la mise en image. 

Une leçon de cinéma par un maître du septième art.

Note: 5/5 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /2010 14:19
Film français de Roman Polanski
Thriller - Couleur
Durée: 2h08
Année: 2010

http://www.prestigium.com/local/cache-vignettes/L302xH425/arton1435-32d8b.jpg


Pour le moins que l'on puisse dire "The Ghostwriter" est un peu la cerise sur le gâteau. 

Si Roman Polanski est en ce moment même assigné à résidence, en Suisse, son film, lui, s'accorde une liberté magistrale. 

L'histoire est assez simple, son traitement en revanche, d'une très grande complexité. La construction narrative n'est pas sans rappeler les plus belles et les plus torturées des oeuvres d'Alfred Hitchcock. 

Une évolution du personnage qui ne comprend rien à ce qui se passe - en même temps que le spectateur - et qui se voit plonger dans l'angoisse toute relative du mystère. 

Une enquête sur la disparition du premier "Nègre" d'Adam Lang, ex-premier ministre fictif britannique qui n'en est pas vraiment une, ou plutôt, qui prend les allures d'une enquête malgré elle. 

Car le pauvre "ghostwriter" qui remplace le précédent vit dans son ombre. L'ombre de l'ombre, le fantôme qui ère ça et là, sans réelle existence, sans reconnaissance, assigné lui aussi - comme Polanski - à résidence. 

Sa mission, réécrire des mémoires autobiographiques de plus de 600 pages, pour la plupart, un tissu de mensonges et de faux-semblants. 

Alors, en dépit de la difficulté, le "Ghostwriter" s'accorde le droit de véto, s'autorise une existence et part à la recherche des indices laissés vacants par son prédécesseur. 

Polanski revient au sommet. Le même, à peu de choses près, qu'à ses débuts. Comment ne pas repenser au cataclysme triangulaire du "Couteau dans l'Eau". 

La présence de cette même eau, d'ailleurs, suffit à asseoir la comparaison. L'eau de tous les dangers, insaisissable, opaque, mortelle. 

La pluie, aussi, qui vient troubler l'enquête, apportant la touche hitchockienne liée aux éléments de la nature qui se déchaîne, trouble la vue, les sens, les repères. 

Et puis, la rythmique du film, l'inplacable perfection de la mise en scène. Comment ne pas la reconnaître ? Impossible ! 

Tout est millimétré, impertinent, rigoureusement maîtrisé et d'une certaine façon, fidèle au cinéma d'antan, celui des Welles ou des Hitchcock. Un cinéma classique, âpre, techniquement et thématiquement abouti. 

L'oeuvre Polanskienne prend ici encore une fois tout son sens. Assurément l'une des oeuvres les plus marquantes de la décennie, pour sa justesse et son professionnalisme. 


Note: 5/5 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 12:41
http://4.bp.blogspot.com/_5HeGeE_QhSs/S2mOreGjzcI/AAAAAAAAAMU/ZWwhmeAXs-w/s320/COVER_Aswefall+-+Fun+is+dead.jpg


Le hasard fait (souvent) bien les choses. Preuve en est avec la dernière mouture des Aswefall, le duo parisien composé de Clément Vaché et Léo Helden. 

Parfaits inconnus dans mon bataillon avant cet album, les voilà bien ancrés dans le siège des indispensables à ma discothèque.

9 morceaux, pas un de moins, pas un de plus. 9 morceaux d'une froideur et d'une rigueur implacable, voilà le sacerdoce imposé par le groupe au détour d'un album prenant, planant, qui se permet une écoute agréable dès les premiers instants.

Nul besoin de connaître les sons précédents d'Aswefall pour se laisser hisser au sommet de l'élégance formelle. Une tonalité juste alliée à des sonorités atypiques, grosses caisses ou éclatemements minimalistes, guitares et instruments réels oscillant et s'imbriquant aux accents électroniques.

Pas de doute, cette électro là, je l'aime. Puissance et émotion, justesse et simplicité, complexité des "tunes" et alliances dangereuses d'expérimentations et de valeurs sûres.

Le morceau "shadows of Love" tire son épingle du jeu, audace des notes, savoureux mélange de synthétique et d'organique.

Décidemment, au rayon musiques électroniques l'année démarre rigoureusement bien. Gageons que cela dure.


Note: 4/5
 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Musique
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 11:11

Film américain de Martin Scorsese
Thriller - Couleur
Durée: 2h17
Année: 2010

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/actu-cine/23-07-2009/shutter-island-le-poster-ou-il-manque-du-monde/shutter_island_5.jpg

Shutter Island est un film relativement bon, pas question de crier au chef d'oeuvre ni d'enlever les qualités certaines qu'il renferme. 

Si l'entreprise Scorsesienne est différente de ses prédécentes oeuvres, il est toutefois assez aisé d'y reconnaître sa patte. 

La notion de chute d'abord, plutôt bien ficelée. Pas de précipitation dans la démarche, malgré quelques faiblesses que je situe au niveau de l'écriture, moins de la mise en scène. 

La faute au scénariste alors ? Là est la question car la mise en scène relève le défi plutôt efficacement, mais en tant que superviseur et donc, première pièce de l'échiquier, j'attendais plus de perfectionnisme et de rigueur de la part de Marty. 

Mais j'avoue ma mauvaise foi générale. C'est d'ailleurs le cas lors d'une nouvelle oeuvre d'un grand auteur. Qu'il soit de l'ancienne génération ou de l'ère contemporaine, le degré d'exigence que l'on place envers un cinéaste de gros calibre n'est assurément pas le même qu'un petit cinéaste de pacotille. 

Alors l'effet tronqué de l'attente vire à l'obsession, le besoin d'être rassasié à tout jamais. 

Ce n'est pas le cas avec Shutter Island, qui bien que défendant ardemment ses qualités, manque de ce petit quelque chose qui ferait la différence d'avec les "petites" oeuvres, brouillonnes ou légères. 

Mais comme je suis de mauvaise foi, cet avis n'a lieu que de manifeste introspectif. 

En tant que film, le résultat est plutôt bon et frôle parfois même l'excellence. (Magnifique première séquence de rêve, pluie de cendres et lumière crépusculaire). Je ne connaissais pas un Scorsese si esthète, voilà une belle surprise qui montre qu'il évolue avec son époque. 

Des grands moments: la montée progressive de l'angoisse, l'intrônisation de la folie qui laisse des questions en suspend et tant d'autres choses. 

Et puis, une belle audace de composer avec le rétro. Musique, effets sonores, montage. Voilà un trio ergonomique. 

Scorsese le cinéaste d'époque, celle des chefs d'oeuvre à foison. Scorsese l'exigeant, qui tente de faire renaître son cinéma dans une époque qui sombre dans le tout numérique et dans le cinéma clé en main.

Je lui reconnaît la manière, la procédure, l'audace de l'authenticité tout en allant chercher le risque, car voilà un genre auquel il ne nous avait pas habitué. 

Shutter Island ou le moins abordable des Scorsese, pour celui qui tenterait de pénétrer son univers et l'analyser, et pourtant, un film qui transpire bon ses thématiques les plus chères. Pas totalement personnel, mais loin d'être impersonnel. 

Shutter Island c'est un peu le cul entre deux chaises. Suffit de savoir sur laquelle on souhaite s'asseoir.


Ma note: 3/5 

Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 17:38
Film américain de Glenn Ficarra et John Riqua
Comédie - Couleur
Durée: 1h33
Année: 2010


http://www.lyricis.fr/wp-content/uploads/2010/01/I-Love-You-Phillip-Morris-Affiche-France-375x500.jpg


"I Love you Phillip Morris" s'inscrit indubitablement dans les comédies qui surprennent par leur intelligence de narration, leur originalité. 

Ici c'est exactement le cas, comme "Funny People" ou "Very Bad Trip" l'an passé, ou "Little Miss Sunshine" il y a quelques années. 

Une comédie qui tente de renouveler le genre, n'hésitant pas à s'auto-parodier jusqu'à plus soif. 
Deux illustres inconnus à la réalisation, cela assure aussi une forme d'authenticité du propos, vidé alors de références antérieures de carrière, bien que les deux loubards réalisateurs soient avant-tout scénaristes et donc ayant fait leurs mains au préalable à Hollywood sur des films de moyenne envergure comme "Bad Santa" de Terry Zwigoff ou encore pour Richard Linklater et son "Bad News Bears". 

Quid donc de "I Love...", du bon et du moins bon. Davantage de bonnes choses quand même, offrant une copie qui vaut le détour par la case cinéma sans pour autant être l'indispensable de l'année. 

Du bon dans l'écriture et le montage. Un montage qui rend service à l'écriture du moins, avec des séquences montées alternativement et qui offrent deux histoires qui sont liées par une voix off. Celle de Jim Carrey. 

Celui-ci raconte l'histoire de sa vie qui sera remplie de situations coquasses et loufoques. Si bien, que le personnage devient une parodie à lui seul ne sachant plus distinguer le vrai du faux. Car oui, Steven (Jim Carrey) est un arnaqueur de première. 

Le film puise sa force dans son mélange subtil et franchement coriace de comédie et de drame à tendance mélo. Sur ce dernier point, l'équilibre est toujours juste en évitant le pathos. 

Si le film est très fort émotionnellement c'est d'abord parce que les comédiens Carrey en tête de gondole et Mc Gregor en contre-point, portent admirablement le sujet. 

Le moins bon à ce propos, demeure le sujet lui-même qui n'évite pas parfois, le cliché cul-cul la praline sur l'homosexualité refoulée puis vécue à 100%. 

D'abord marié à une femme, Steven choisit de ne plus se mentir à lui-même après un accident de voiture qui servira de "rédemption" au personnage pour s'aventurer dans des histoires sexuelles du même sexe. 

Le bon à nouveau dans l'auto-parodie du genre par un astucieux montage montrant Steven dans une position assez....surprenante. La scène du film qui présente Jim Carrey en homosexuel assumé est à mourir de rire. 

Bonne note donc puisque c'est sur ce même point que le film abuse parfois des clichés. Intéressant donc de constater que le film se moque de lui-même sur certaines scènes un peu "faciles". 

Au final un produit pas vraiment unique et novateur mais qui transpire l'humour caustique et l'aventure humaine. Tantôt triste, souvent drôle, l'entreprise des deux cinéastes s'avère réussie et encourage à les voir poursuivre dans leur élan. 


Note: 2,5/5 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 19:43
Film israélien de Samuel Maoz
Guerre - Couleur
Durée: 1h32
Année: 2010

http://www.lescineastes.fr/wp-content/uploads/2009/12/movies_lebanon.jpg 

Plan fixe sur un champ de tournesols. Petite ambiance musicale, une sensation de poésie flotte au-dessus de "Lebanon" du cinéaste israélien, Samuel Maoz. 

Premier film, Lion d'or du festival de Venise 2009, assurément sur le papier et d'après la bande annonce il y a de quoi se fier à la marchandise. Le début démarre d'ailleurs plutôt bien, je le disais, par une approche philosophique et planante. Puis, le point de vue entre le char et n'en sortira qu'à la toute fin. 

Le huis clos prend donc le pouls du métrage, devenant un acteur à part entière ou plutôt, embarquant le spectateur à bord pour l'étouffer, l'enchaîner à l'action. Si la démarche est intéressante, elle accumule les évidences et devient asphyxiante parce qu'elle ne laisse plus le choix de l'interprétation, elle l'impose. 

La suggestion s'évade pour laisser place à la démonstration. Le réalisme de la guerre devient une succession de scènes qui lorgent vers le voyeurisme. 

Disons qu'il s'agit d'un film dont la mise en scène "sauve" le sujet. L'audace de la narration parvient à éviter l'ennui, même si le film propose de beaux moments. 

Je pense à cette admirable scène de fin, remplie de silences et de non-dits. Peut-être le sujet était trop autobiographique pour le cinéaste - ancien militaire lui-même - il ne parvient pas à mettre de la distance sur son récit, malgré sa très bonne intention de départ. 

Reste un film dont je ne nie aucune qualité mais qui ne ressemble hélas pas à mes attentes en la matière. 
 


Note: 1/5 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 15:41

http://www.thefader.com/wp-content/uploads/2010/01/gorillaz-plastic-beach.jpg

Sur une plage, en plastique pour le coup, Gorillaz a choisi son grand débarquement. L'effet d'une bombe à fragmentation s'est emparé de tous les fans du groupe. Après plusieurs années d'absence, 5 depuis "Demon Days", peut-être l'un des plus beaux albums de la décennie, Damon Albarn avait annoncé il y a deux ans, un éventuel retour de ses personnages animés.

On se rappelle surtout de son annonce concernant la fin du groupe, sûr de lui, il disait: "Après Demon Days, nous ne ferons plus jamais un si bel album, la déception sera toujours là pour les milliers de fans". Si la phrase exacte est un poil déformée, elle ressemblait trait pour trait à ça, assommant à coups de massue les millions de fans de Gorillaz dans le monde.

Le retour est officiel ! L'album, en pré-écoute sur Itunes annonce une sortie dans les bacs pour le 08 Mars prochain !

Autant affirmer de suite qu'il s'agira d'un début d'année tonitruant avec la sortie de "Helligoland" de Massive Attack, eux-aussi sur le retour, un mois plus tôt, jour pour jour.

"Plastic Beach" la nouvelle estampe Gorillaz est à surveiller de très près, bien sûr, regard(s) sera au rendez-vous pour le test, grandeur nature.

En attendant, le premier titre en écoute c'est par ici: "Stylo"


"Plastic Beach" - sortie le 08 Mars 2010 chez Parlophone/ Virgin Music. 



 

Par Michael Kuntz - Publié dans : Actualités
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 12:49

http://photo.parismatch.com/media/photos2/3.-photos-culture/livres/angouleme-2010/1177886-1-fre-FR/angouleme-2010_coverphoto.jpg


La 37 ème édition du festival international de la bande dessinée d'Angoulême a rendue son verdict. Les gagnants des 11 catégories de "fauves", palmarès de la compétition officielle ont été dévoilés.

Les résultats:

- Fauve d'or d'Angoulême - Meilleur album: "Pascal Brutal - tome 3: Plus fort que les plus forts" - de Riad Sattouf
- Fauve FNAC-SNCF - Prix du public: "Paul à Québec" - de Michel Rabagliatti 
- Fauve d'Angoulême - Prix spécial du jury: "Dungeon Quest - tome 1 - de Joe Daly
- Fauve d'Angoulême - Prix de la série": "Jérôme K. Jérôme Bloche - tome 21: "Déni de fuite" - de Alain Dodier
- Fauve d'Angoulême - Prix intergénérations: "L'esprit Perdu" - de Matthieu Bonhomme et Gwen de Bonneval 
- Fauve d'Angoulême - Prix regards sur le monde: "Rébétiko" (La Mauvaise Herbe) - de David Pruhomme
- Fauve d'Angoulême - Prix de l'audace: "Alpha...Directions" - de Jens Harder
- Fauve d'Angoulême - Prix Révélation: "Rosalie Blum" - de Camille Jourdy
- Fauve d'Angoulême - Prix du Patrimoine: "Paracuellos" - de Carlos Gimenez 
- Fauve d'Angoulême - Prix Jeunesse: "Lou ! - Tome 5: "Laser Ninja"
- Fauve d'Angoulême - Prix de la bande dessinée alternative: "Special comics numéro 3" - publié à Nanjing (Chine) 




 

Par Michael Kuntz - Publié dans : Culture
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 11:54
http://3.bp.blogspot.com/_MFctdcyOIGc/Such4N5pwGI/AAAAAAAABcc/r0A1pAMmxzE/s400/midlake_newcover-0x495.jpg

"The Courage of Others", le dernier né du groupe pop/folk Midlake vient de sortir dans les bacs français. 

Ce nouvel opus, troisième essai du quintette américain Midlake montre - ou dans une moindre mesure - confirme tout le bien que l'on pense du groupe. 

Ici il est à nouveau question d'une musique épurée jusqu'à l'extrême. Quelques notes suffisent parfois à nous plonger dans une ambiance qui ressemble à de la nostalgie, des rêves éveillés qui voient défiler des images d'une grande beauté, des sons qui deviennent odeurs, ou encore des souvenirs qui resurgissent.

Là se trouve la marque de Midlake, son empreinte.

Après un premier morceau inaugural qui plonge directement l'auditeur dans un univers à part, le second morceau "Winter Dies" confirme et poursuit l'affect émotionnel.

"Small Mountain" semble provenir des songes, une mélancolie amère/douce qui n'a pas vraiment sa pareille, si l'on écarte les autres morceaux du groupe lui-même.

Les autres titre de ce troisième album se suivent et se ressemblent, c'est d'ailleurs peut-être le seul défaut notable de "The Courage of Others", ne pas innover encore plus dans ses sonorités si spéciales, mélange gracieux de pop et de folk, aux accents parfois rock 'n'roll.

Si l'on considère qu'il s'agit d'une direction cohérente prise par le groupe, alors chacun des morceaux, feront de cet album une oeuvre entière et complète. Pour les plus exigeants d'entre nous, il existe une toute petite étincelle en moins, celle qui enflammait avec rigueur et maîtrise "The Trials of Van Occupanther" le précédent album du groupe. 

Dans ce dernier, des morceaux comme "Roscoe" par exemple, "Young Bride" ou "Branches" offraient des sons différents. Mélancolique pour le premier, asiatique pour le second et électrique pour le dernier. Ceux-ci mélangés sur un album à la couleur arc-en-ciel évoquaient autant Radiohead, dans un style rock acoustique, électro et expérimental que Fleet Foxes, dans un registre plus pop, voire folk. 

C'est ce mélange des styles qui achevaient "The Trial of van Occupanther" comme un des albums les plus surprenants de 2006.

Aujourd'hui, le groupe a préféré un album plus léger, moins risqué mais très bien tenu quand même. 

Si les 11 morceaux sont d'une grande douceur, paisibles et appelant aux rêves les plus enfouis, ils manquent parfois d'un peu d'audace. 

Il n'en reste pas moins que "The Courage of Others" figure parmi les belles écoutes de ce début d'année 2010. Après 4 ans d'absence, Midlake sait entretenir l'attente avec un album aérien, sobre et juste.


Note: 3/5



Midlake - "The Courage of others" - sortie le 02 Février 2010 chez Bella Union / Sony Music. 


 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Musique
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 18:22
Pour un cinéphile, une année cinéma est très longue et semée d'embûches. À la fin de l'année, les péripéties sont nombreuses avant de pouvoir boucler définitivement son "top 20" des meilleurs films vus durant 12 mois.

Puisque 2009 vient de s'écouler, je vous propose - très modestement - mon top personnel des 20 plus beaux films que j'ai vu cette année. Traduire par "Beaux" des films qui me ressemblent ou que j'ai ressenti comme importants d'une manière ou d'une autre.

Ainsi cette année j'ai eu envie de laisser la chance à des films plus "larges", plus "grand public" et ce n'est donc pas suprenant d'y voir figurer quelques perles de légereté comme "Very Bad Trip" par exemple.

N'hésitez pas à proposer le vôtre pour entraîner le débat et confronter nos choix, goûts ou impressions diverses...

Le top 20 à été effectué sur une base de 77 films vus en salles ou en DVD en 2009.

Voici la liste des films vus suivi de mon top:


LISTE DES FILMS VUS EN 2009:


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-
TOKYO SONATA - de Kiyoshi Kurosawa (Japon) 
- MEMORY OF LOVE - de Wang Chao (Chine) 
- ADORATION - de Atom Egoyan (Canada) 
- MORSE - de Tomas Alfredson (Suède) 
- TETRO - de Francis Ford Coppola (Argentine/USA) 

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- TULPAN - de Sergei Dvortsevoy (Kazakhstan) 
- NEFES (Le Souffle) - de Levent Semerçi (Turquie) 
- DES IDIOTS ET DES ANGES - de Bill Plympton (USA) 
- CANINE - de Yorgos Lanthimos (Grèce) 
- WHERE THE WILD THINGS ARE - de Spike Jonze (USA) 
- VERY BAD TRIP - de Todd Phillips (USA) 
- DÉMINEURS - de Kathryn Bigelow (USA) 
- AWAY WE GO - de Sam Mendes (USA) 
- LA FENÊTRE - de Carlos Sorin (Argentine) 
- SOUTHLAND TALES - de Richard Kelly (USA) 
- MY WINNIPEG - de Guy Maddin (Canada) 
- DISTRICT 9 - de Neill Blomkamp (Afrique du Sud/N.Zélande) 
- WHATEVER WORKS - de Woody Allen (USA) 
- GRAN TORINO - de Clint Eastwood (USA) 
- MIRACLE A SANTA ANNA - de Spike Lee (USA) 
- THE WRESTLER - de Darren Aronofsky (USA) 
- WATCHMEN - de Zack Snyder (USA) 

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/image/icone/ http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/image/icone/ http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/image/icone/ 

- THE LIMITS OF CONTROL - de Jim Jarmusch (USA) 
- 1942 - de Kelvin Tong (Japon/Singapour) 
- STILL WALKING - de Kore-Eda Hirokazu (Japon) 
- SWORD OF THE STRANGER - de Masahiro Andô (Japon) 
- THE PROPOSITION - de John Hillcoat (Australie) 
- LE DRÔLE DE NOËL DE SCROOGE - de Robert Zemeckis (USA) 
- LA ROUTE - de John Hillcoat (USA) 
- DEAD SNOW - de Tommy Wirkola (Norvège) 
- PARANORMAL ACTIVITY - de Oren Peli (USA) 
- FUNNY PEOPLE - de Judd Apatow (USA) 
- LAW ABIDING CITIZEN (Un Honnête Citoyen) - de F.Gary Gray (USA) 
- THE SOLOIST - de Joe Wright (USA/UK) 
- PAUL BLART: MALL COP - de Steve Carr (USA) 
- ZOMBIELAND - de Ruben Fleischer (USA) 
- PANDORUM - de Christian Alvart (USA) 
- SURROGATES (Clones) - de Jonathan Mostow (USA) 
- SYNECDOCHE, NEW YORK - de Charlie Kaufmann (USA) 
- LES TROIS SINGES - de Nuri Bilge Ceylan (Turquie) 
- VENGEANCE - de Johnnie To (Hong Kong/France) 
- STORY OF JEN - de François Rotger (France/Canada) 
- AMERRIKA - de Cherien Dabis (Koweït/Canada) 
- SUNSHINE CLEANING - de Christine Jeffs (USA) 
- MIDNIGHT MEAT TRAIN - de Ryuhei Kitamura (USA) 
- DEPARTURES - de Yojiro Takita (Japon) 
- STAR TREK - de J.J Abrams (USA) 
- OSS 117: Rio ne répond plus - de Michel Hazanivicus (France) 

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/image/icone/ http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/image/icone/ 

- L'IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS - de Terry Gilliam (Royaume-Uni/Canada) 
- AVATAR - de James Cameron (USA) 
- THIRST: Ceci est mon sang - de Park Chan-Wook (Corée du Sud) 
- TWILIGHT II: Tentation - de Chris Weitz (USA) 
- FAUSTA - de Claudia Llosa (Pérou) 
- L'ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON - de David Fincher (USA) 
- INGLORIOUS BASTERDS - de Quentin Tarantino (USA) 
- REDBELT - de David Mamet (USA) 
- LES NOCES REBELLES - de Sam Mendes (USA) 
- SLUMDOG MILLIONAIRE - de Danny Boyle (USA) 
- L'ATTAQUE DU MÉTRO 123 - de Tony Scott (USA) 
- YES MAN - de Peyton Reed (USA) 
- SEVEN POUNDS (Sept Vies) - de Gabriele Muccino (USA) 

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/image/icone/ 

- JENNIFER'S BODY - de Karyn Kusama (USA) 
- ANTICHRIST - de Lars Von Trier (Danemark) 
- PUBLIC ENEMIES - de Michael Mann (USA) 
- LAST CHANCE FOR LOVE - de Joel Hopkins (USA) 
- THE READER - de Stephen Daldry (USA) 
- GHOST TOWN (La Ville Fantôme) - de David Koepp (USA) 
- LOOKING FOR ERIC - de Ken Loach (Angleterre) 

http://www.opiom.net/forums/images/smilies/Smileys-Dav/thumbdown.gif 

- VINCERE - de Marco Bellocchio (Italie) 
- TAKING WOODSTOCK - de Ang Lee (USA) 
- MILLENIUM - de Niels Arden Oplev (Suède) 
- LE BERCEAU - de Tim J.Brown (USA) 
- VERTIGES - de Abel Ferry (France) 
- 12 ROUNDS - de Renny Harlin (USA) 
- MILK (Harvey Milk) - de Gus Van Sant (USA) 
- DISASTER MOVIE (Film Catastrophe) - de Jason Friedberg et Aaron Seltzer (USA) 
- SAAWARIYA - de Sanjay Leela Bhansali (Inde)



TOP 2009 (Définitif)
 

01 - TOKYO SONATA - de Kiyoshi Kurosawa (Japon) 
02 - MEMORY OF LOVE - de Wang Chao (Chine) 
03 – MORSE – de Tomas Alfredson (Suède) 
04 – ADORATION – de Atom Egoyan (Canada) 
05 – TETRO – de Francis Ford Coppola (Argentine/USA)
 

"Tokyo Sonata" survole le haut du classement grâce à la maîtrise indiscutable du cinéaste. Ici, il change de registre et offre un film d'une justesse inouïe. La disloquation de la famille, l'effacement progressif de la communication pour une oeuvre maîtresse du septième art. 

"Memory of Love" est LA surprise de cette année, film sorti en catimini en France en plein été, il n'a absolument pas fait parler de lui, pourtant Wang Chao signe une grande oeuvre sur l'amour et le pardon.

"Morse" fait du film de vampire une histoire touchante d'amourette infantile improbable et tristement jolie. "Adoration" complexifie les rapports entre le réel et le virtuel et permet à Egoyan de revenir au sommet. "Tetro" marque le grand retour de Coppola, sous la forme d'une leçon de cinéma et une maîtrise absolue de la narration. 


06 – MY WINNIPEG – de Guy Maddin (Canada) 
07 - LE SOUFFLE - de Levent Semerçi (Turquie) 
08 – WHERE THE WILD THINGS ARE – de Spike Jonze (USA) 
09 - CANINE - de Yorgos Lanthimos (Grèce) 
10 – DÉMINEURS – de Kathryn Bigelow (USA)
 


Guy Maddin n'étonne même plus tant il contrôle son cinéma et parvient à me procurer à chaque fois du plaisir. Entre surréalisme et hommage au cinéma muet, l'artiste est toujours au rendez-vous avec "My Winnipeg". 

La seconde surprise de l'année s'appelle "Le Souffle" du cinéaste turc Levent Semerci. Un film de guerre d'une grande audace et d'un esthétisme hallucinant. le point de vue de la neutralité ainsi que la force de sa narration en font un incontournable de l'année 2009. 

Spike Jonze délivre un joli conte pour enfants avec "Where the Wild Things Are" adapté d'un roman du même nom. Entre nostalgie d'une enfance pas si lointaine et histoire fantastique le film offre de beaux moments et de belles images. 

"Canine" ou l'héritage d'une période du cinéma surréaliste inauguré par Bunuel et qui s'absente des écrans depuis quelques années. Le retour provisoire de cette réalité alternative imaginée par Yorgos lanthimos fait forcément office de grande oeuvre, à la fois très inspirée et très personnelle. Un grand film ! 

Enfin "Démineurs" de Kathryn Bigelow boucle ce top 10 par un choix de narration intéressant et un gros travail de mise en scène qui adopte le point de vue d'un petit groupe d'élite de l'armée américaine. Pression et tension sont au rendez-vous. 


11 - TULPAN - de Sergei Dvortsevoy (Kazakhstan) 
12 - DES IDIOTS ET DES ANGES - de Bill Plympton (USA) 
13 – DISTRICT 9 – de Neill Blomkamp (Nouvelle-Zélande) 
14 – MIRACLE A SANTA ANNA – de Spike Lee (USA) 
15 – THE WRESTLER – de Darren Aronofsky (USA) 


Troisième surprise de l'année "Tulpan", dont la vision récente peut témoigner d'une attente forcément légitime et attendue. Le résultat vaut son pesant d'or avec un film léger et d'une surprenante simplicité. Rappelant furieusement "Le Mariage de Tuya" l'an passé, le film sait convaincre par son propos élégant et sa bonne tenue narrative. 

Bill Plympton possède un univers qui correspond assez nettement à celui de Guy Maddin mais dans un autre domaine, celui de l'animation. À une époque ou l'Asie domine ce secteur, Plympton délivre avec "Des Idiots et des Anges" une vision personnelle et onirique d'un univers plutôt sombre et mélancolique. 

"District 9" m'a séduit par son audace formelle. Subtil mélange de faux documentaire et de fiction qui se donne les airs de grosse production hollywoodienne. Entre spectacle à effets spéciaux et oeuvre d'auteur le dosage est presque parfait. 

"Miracle à Santa Anna" ou l'injustice d'un film qui n'a pas le droit de sortir en salles en raison d'une polémique ridicule, ou selon l'avis officiel, par son manque de succès outre-Atlantique. Si je ne rejoindrais jamais la version officielle, je suis heureux tout-de même d'avoir pu visionner ce film. La grande oeuvre spectacle et guerrière de Spike Lee, immense cinéaste contemporain ! 

"The Wrestler", le retour au sommet de deux figures déchûes d'hollywood. Rourke en premier, qui trouve ici une justesse éblouissante. Aronofsky en second lieu qui fait oublier l'entreprise râtée de "The Fountain" ou il ne semblait plus que l'ombre de lui-même. 


16 – SOUTHLAND TALES – de Richard Kelly (USA) 
17 - VERY BAD TRIP - de Todd Phillips (USA) 
18 - WHATEVER WORKS – de Woody Allen (USA) 
19 – LA FENÊTRE – de Carlos Sorin (Argentine) 
20 – WATCHMEN – de Zack Snyder (USA)
 


Richard Kelly, cinéaste Ô combien fascinant qui transgresse les règles de la logique pour un "Southland Tales" déconcertant. 

"Very Bad Trip", le renouvellement de la comédie américaine. Portée par un scénario en béton, le film livre ses pépites au fur et à mesure des péripéties, nombreuses, qu'il évoque à l'écran. Tordant et efficace ! 

Woody Allen me refait rire, ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé. Avec "Whatever Works" je me suis laissé embarqué dans les mésaventures d'un vieux grincheux cynique. Très drôle ! 

"La Fenêtre" ou le miroir qui sert de reflet vers le passé. L'histoire d'un vieux monsieur qui observe sa vie d'avant à travers une fenêtre qui s'ouvre sur le vaste désert de la Patagonie. Oeuvre métaphysique qui évoque la mort avec subtilité et simplicité. 

"Watchmen" ou la résurrection d'un Zack Snyder fatigué après son incursion râtée chez les guerriers de "300". Il retrouve ici sa flambe et son audace pour les récits complexes. Très beau spectacle, tant visuel que narratif. 


Belle année cinéma de mon point de vue.

 


 
Par Michael Kuntz - Publié dans : Cinéma
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