Partager l'article ! Et ce tourbillon dans la tête...: TAKE SHELTER - de Jeff Nichols (USA) une ambiance sourde, une sorte de n ...
TAKE SHELTER - de Jeff Nichols (USA)
une ambiance sourde, une sorte de nappe de basses et un cyclone, sur écran géant, qui s'approche d'une maison.
Le premier plan du film donne le ton.
La première demi-heure est intéressante, magnifiquement bien construite, elle installe les personnages en quelques plans durant lesquels on comprend qu'il s'agit d'une famille modeste, la petite fille est sourde-muette, la femme vend des dentelles et des serviettes tricotées main sur un marché, le mari lui, travaille sur un chantier.
La seconde partie du film voit le mari entrer progressivement dans une douce folie. C'est très subtil, ça passe par la récurrence d'un rêve de tornade et d'accidents qui concernent sa famille à des hallucinations.
Puis le climax est atteint, Michael Shannon, très à son aise, est à l'apogée de son personnage, le petit monde édulcoré autour de lui s'effondre, il est en
train de basculer.
Son obsession passe par la construction d'un abri anti-tempêtes dans son petit jardin. Il se fait virer de son job, il perd pied
entraînant avec lui sa famille...
Jeff Nichols, dont c'est ici le second film est vendu comme le nouveau "génie" du cinéma indépendant US. On comprend ici pourquoi.
Son travail de mise en scène est admirable, c'est fin, subtil, profond, étudié, millimétré. Son sens du rythme n'est pas sans rappeler celui de Shyamalan lorsque ce dernier faisait encore les beaux jours de son pays.
Mais surtout, j'y vois personnellement une comparaison de taille avec le cinéma des frères Coen.
En quelques plans, j'ai immédiatement songé à "A Serious Man" tant le travail de fond et de forme semble s'y inspirer.
Pour sûr, Nichols est un cinéphile de premier choix. Son cinéma est (déjà) d'une quasi perfection.
Le scénario dévoile progressivement ses traits, tout en finesse et en raffinement.
C'est d'abord une histoire d'éclatement familial, une métaphore de la fin du monde qui ressemble davantage à la fin d'UN monde, celui que s'est construit une famille, avec ses problèmes et ses solutions.
Le film se conclue sur une fin ouverte, laissant le champ libre à l'interprétation.
Une réussite.
NOTE : 4/5